• TERRE QUI SE MEURT …





    Toi que l’on dénomme terre

    Terre de tous les hommes

    Hommes qui discrètement t’enterrent

    T’enterrent et te consomment


    Sache que je ne suis fier

    Fier de leur pollution

    Pollution point née d’hier

    D’hier déjà ébullition


    Ebullition de guerres

    Guerres tuant l’atmosphère

    Atmosphère qui se resserre

    Se resserre et qui plus vocifère


    Vocifère jusqu’à suffocation

    Suffocation de gaz

    Gaz de toutes éruptions

    Eruptions pour planète rase …


  • INVITATION …





    Témoigner de l’amour

    Sillonner diversement nos jours

    Exclure tout ce qui en nous

    Provoque le moindre courroux


    Balayer toute forme de jalousie

    Pour que nos pareils se rassasient

    De menues gentillesses

    Formulées ou allouées avec justesse


    Bonjour Madame, bonjour Monsieur

    Un sourire pour de meilleurs cieux

    Simple marque de politesse

    Élémentaire délicatesse


    S’éduquer à mieux écouter

    Peut-t-il tant nous en coûter

    Sinon d’honorer notre interlocuteur

    Tout simplement lui faire honneur


    Lentement mais certainement

    Métamorphoser nos comportements

    Pour le simple respect de toute existence

    N’est-ce là infime évidence …


  • ADIEU JOE …





    Un lecteur mp3

    Un copain avec toi

    Au cœur même d’une gare

    Et puis sans crier gare


    Une simple question

    Mensongère d’intention

    Avec pour but le vol

    Du baladeur en do, ré, mi, fa, sol


    Toi tu veux le défendre

    Lui n’hésite à te fendre

    De plusieurs coups de lame

    Pour ce qu’il te réclame


    Voila tu perds la vie

    Sans le moindre devis

    Pour des notes de musique

    Par un gars maléfique


    Ignoble mon garçon

    Ce monde sans-façon

    Ou plus que la déraison

    Prime sur la raison


    Faute à qui, faute à quoi

    Et autant de pourquoi

    Que nos politiciens

    Recourent aux opticiens


    Sortent de leurs magouilles

    Que bien vite ils se grouillent

    De bâtir notre bien être

    Plutôt que de se repaître


    Mais toi dans l’autre monde

    Fais que plus rien d’immonde

    Ne détruise la vie

    Pour une simple envie


    Tu es parti Joe

    T’emporte le canoë

    Veille sur ta famille

    Qui a l’âme en guenilles


    Nous ne crions vengeance

    Ni même à la potence

    Mais que justice se fasse

    Plutôt que de perdre la face …


  • TOI, LE SANS PAPIERS …





    Nationalité terrien

    Et pourtant sans papiers

    Dis-moi alors… t’es rien

    Car nulle part tu n’as pied


    Au-delà des océans

    Est-vrai qu’on veut ta peau

    Indésirable céans

    Ben t’as vraiment pas d’pot


    Soit que t’es tout hâlé

    Ou qu’t’as le teint blafard

    Qu’tu t’dis ça va aller

    Malgré un gros cafard


    Pas bien très catholique

    T’envahis nos églises

    Bien vrai qu’les gros d’la clique

    T’verraient mieux dans ta lise


    J’me d’mande pourquoi on t’cueille

    Homme au sang rutilant

    Ô vois-tu l’écureuil

    Heureux, tout sautillant


    Pour lui aucune frontière

    Encore moins de passeport

    Sur la terre toute entière

    Il ne connaît point port, ni même aéroport


    Daignez Monsieur l’Ministre

    Clérical, voire politique

    Inscrire ce brave homme au registre

    Merci de n’être cynique …


  • NOSTALGIE …





    Ô mémoire indélébile

    Par nuit au clair de lune

    Reviennent volubiles

    S’épanchant sur la dune


    Des textes ô combien beaux

    Que je ne puis gommer

    Sonnant mieux que Rimbaud

    Je prise les consommer


    Poussières d’un satellite

    Métamorphosées en encre d’or

    Une écrivaine d’élite

    En avait fait trésor


    Malgré le temps qui passe

    Surtout rien d’eux n’oublier

    Comme d’un amour on ne se lasse

    Ne s’enraye le sablier …


  • PRIERE D’UN BUVEUR …





    Désirais-je mourir

    Pour ne point vous haïr

    Croupis-je d’un symptôme

    Celui de votre fantôme


    Mais à la réflexion

    Dernière génuflexion

    Au-devant de la croix

    Et prière à mi-voix


    Par-delà les chemins

    Ramenez-là moi demain

    Elle qui fit promesse

    Quand son âme en détresse


    De mes dites beuveries

    Et soi-disant mufleries

    De prononcer ses vœux

    Dieu que je vous en veux


    M’entendez-vous religieuse

    Souffrez-vous ma route sinueuse

    Venez me servir à boire

    Sans vous je ne vis que déboires …