• TE SOUVIENS-TU NOVEMBRE …





    Initial vent d’automne

    Balaye tombes et allées

    D’un cimetière monotone

    Retiré en vallée


    Premiers jours de novembre

    Séjour débordant d’existence

    Déposées par les membres

    Fleurs à même lieu de l’absence


    De familles et connaissances

    Qui se souviennent pardi

    De moments d’alliance

    D’un autre temps jadis


    On y croirait l’été

    D’un beau parc bigarré

    Où le temps s’est arrêté

    Sur sillons égarés


    Bientôt naîtra l’hiver

    Coin de terre et de pierres

    Redeviendra univers

    De poussières sous bières …


  • DIEU QUE J’AI MAL A …





    Dieu que j’ai mal à ma terre

    Immensité contaminée

    Pour nos enfants cela m’atterre

    Quid de leur destinée


    Dieu que j’ai mal à ma mer

    Des flots aux fonds déshonorés

    Endéans les deux dernières ères

    Comment ne point être éploré


    Dieu que j’ai mal à mon ciel

    Ô zone percée ta couche d’ozone

    Par chacun son péché véniel

    Au pot d’échappement qui déconne


    Dieu que j’ai mal à mon air

    Profané, violé, souillé, tout pollué

    Jusqu’au plus abject nucléaire

    Que m’en voilà éberlué


    Dieu qu’advient-il de ta création

    Sept jours pour la plus belle des merveilles

    Des siècles pour sa destruction

    Qu’attends-tu pour résilier ton sommeil …


  • ARRIERE-SAISON …





    Saison d’après été

    Chez nous ensoleillée

    Mirifique de pureté

    Aux rives ensommeillées


    Nous ouvre paysages

    Parsemés de feuilles d’or

    Regards sur le passage

    D’oiseaux quittant le port


    D’une eau de mer muette

    Qui laisse libre cours

    Aux cris de ses mouettes

    Elles ne voulant détour


    Vers horizons sans nuit

    Déjà la plage hiberne

    Sous ses châteaux enfouis

    Bannières d’hôtels en berne


    Tandis qu’en nos forêts

    Des fruits couleur châtain

    Dévoilent leurs secrets

    A tous nos chérubins


    Qui en truffent leurs poches

    A qui en aura le plus

    Pour qu’à l’hiver tout proche

    On en grille le surplus


    Que ce soit sud ou nord

    Vallons ou pays plat

    Dans fabuleux décors

    Belgique exhibe gala…


  • KERMESSE AU VILLAGE …





    En ce soir de kermesse

    C’est pas vraiment la messe

    Valsent les paires de fesses

    Non point celles des abbesses


    Les mâles tournent d’ivresse

    Et leurs grosses mains caressent

    Certes pas dernière jeunesse

    Mais bien sûr leurs aînesses


    Ils y mettent tant d’adresse

    Pour saouler leurs hôtesses

    Font pas dans la finesse

    Qu’elles en deviennent ogresses


    Perdant toute sagesse

    Elles chutent dans la bassesse

    Pour que bien mieux se dressent

    Ce pourquoi les hommes s’empressent


    Quand la musique régresse

    Les buissons là je vous le confesse

    Reçoivent tigres et tigresses

    Pour d’ultimes prouesses


    Certaines se font expresses

    D’autres chutent en détresse

    La boisson n’étant poétesse

    La fin se veut drôlesse…